"Ciao Italia", l’exposition qui retrace l'immigration italienne grâce aux Cannois...


15 octobre 2021

Jusqu’au 21 mars au Centre Calmette, la mairie de Cannes présente une exposition itinérante qui retrace l’immigration transalpine, notamment à travers les descendants cannois.

L’affiche est là, pleine de couleurs sur fond noir: La dolce vita, de Federico Fellini. Avec le grand Marcello Mastroianni et la sculpturale Anita Ekberg, avec laquelle on avait envie de plonger dans une fontaine romaine. En 1960, le film fit scandale en Italie mais fut récompensé de la palme d’or sur la Croisette. Comme quoi...

Mais comme l’a rappelé Jean-Michel Arnaud (adjoint municipal délégué à la culture) lors du vernissage de l’exposition Ciao Italia, "La vie de la communauté italienne à Cannes ne fut pas toujours La dolce vita, mais c’est néanmoins un modèle d’intégration."

À tel point que, souvent, ceux que l’on surnommait "les Ritals" donnaient volontairement des prénoms français à leurs enfants, et cessaient parfois de pratiquer leur langue natale à la maison.

Plusieurs vagues

À travers des panneaux pédagogiques empruntés au Musée national de l’histoire de l’immigration, le centre Calmette des archives contemporaines évoque ces exodes de nos voisins transalpins à travers le territoire national, de 1860 à 1960. Une immigration fut d’abord motivée par le labeur, avant de devenir politique, voire touristique aujourd’hui. La Ville de Cannes a également apporté sa contribution, avec des panneaux qui concernent plus strictement sa communauté locale.

Il y a eu plusieurs vagues", explique Magalie Claveau, nouvelle directrice des archives municipales.

Au milieu du XVIIIe siècle, ce fut d’abord des ouvriers saisonniers qui venaient cultiver les vignes, les oliviers, le blé, mais aussi les fleurs à parfums pour Grasse.

À la Belle époque, la Croisette devient un lieu de villégiature hivernale prisé des aristocrates et riches industriels, des chantiers sont engagés pour leur confort (routes, hôtels, voie ferrée, villas…) et l’on fait encore appel à la main-d’œuvre du Piémont. Pareil avec l’instauration d’une saison estivale et le boom économique de l’après-guerre.

Le saviez-vous? À la veille de la Première Guerre mondiale, les Italiens immigrés composaient 30% de la population cannoise (soit 10.000 habitants sur un total de 30.000). Et l’actuel boulevard de la République se nommait alors boulevard des Italiens (1919-1945), dont certains artisans firent honneur au savoir-faire communautaire (de nombreuses familles résidaient aussi au Suquet ou à La Bocca).

Une troisième vague aura lieu avec les réfugiés politiques fuyant le fascisme mussolinien. Puis une quatrième avec l’essor touristique.

Appel aux "locaux"

La bonne idée, c’est d’avoir fait appel aux Cannois d’origine italienne, afin que témoignages et objets d’époque complètent cette saga historique. Là, un ancien accordéon, ici une vieille machine à pâtes.

Parmi ces descendants, Jeanine Tosello, 97 ans, venu en compagnie de son fils André. Ses parents ont émigré à Cannes, en 1923, elle est née sur notre sol l’année d’après. "J’ai gardé des liens avec Perugia, et je parle un italien de là-bas, mais je me sens avant tout Cannoise quand même!", souligne avec véhémence la nonagénaire.

Ancienne mère au foyer, Jeanine a aussi cultivé l’art de cuisiner à l’italienne. "Mais aujourd’hui, je ne fais plus trop de pâtes, car j’en ai trop mangé".

Son plat favori, sa spécialité: les farcis cannois!




Source : Nice Matin

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