Le street-art s’invite à l’Ehpad à Villeneuve-Loubet


14 octobre 2021

La résidence pour seniors les Figuiers accueille, jusqu’à ce vendredi, le street-artiste Ecloz. Pochoirs, bombes de peinture pour les résidents. Un projet peu commun. Un échange intergénérationnel.

On joue aux racailles! », lance dans un éclat de rire et une bombe de peinture à la main, Marie-Annette. À 93 ans, cette mamie coquette peint au pochoir sur un mur en bas de chez elle. Son adresse? La résidence Les Figuiers, avenue des Baumettes, à Villeneuve-Loubet. C’est un Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes). Et jusqu’à ce vendredi, les résidents du groupe Senectis (1) vont défiler pour laisser leur empreinte sur une fresque géante.

"J’AIME CET ÉCHANGE PARCE QU’IL Y A TOUJOURS UN TRUC MAGIQUE"

Une œuvre imaginée par Guillaume Vincent alias Ecloz. Un street-artiste normand qui accompagne chaque résident. Donne la main. Guide. Conseille. Depuis le début de la semaine, il a réalisé le décor de cette fresque végétale. "Leurs contributions apportent des détails que je n’ai pas réalisés volontairement. La fresque va perdurer et là, on se rapproche vraiment du street-art", commente l’artiste alors que Bernard, dynamique papi, ne s’arrête plus. "C’est trop sympa! Ça détend, on se concentre aussi", résume le Villeneuvois, baskets aux pieds. Les mêmes qu’Ecloz. "À mon âge, je suis encore dans le coup", s’amuse l’ancien, clin d’œil appuyé. "J’aime cet échange parce qu’il y a toujours un truc magique qui se passe. Avec les enfants, c’est une forme d’insouciance. Là, c’est autre chose. Ces moments sont précieux", appuie Ecloz.

Des moments imaginés par les psychologues des sept établissements gérés par Paul Bensadoun.

"Tout ça est pensé comme un projet de vie: faire découvrir l’art de rue, faire participer les familles", contextualise la directrice des Figuiers, Anne-Hélène Perlo. C’est d’ailleurs son prénom que Bernard tient à taguer sur un drap blanc.

"C’est quand même rare de faire ça dans un Ehpad. Il y a peu d’établissements qui montrent cette ouverture d’esprit. Pour moi, l’équipe est avant-gardiste", salue l’artiste qui accompagne Josette. Elle fronce les sourcils. Se concentre et suit les conseils de l’expert. Elle le connaît. Il y a quelques années, Ecloz a fait escale dans l’Ehpad pour réaliser des toiles. "J’ai encore mon tableau dans le couloir", précise, non sans fierté, celle qu’on appelle "Jojo".

ICI, PAS DE "VIEUX CONS"

Bernard, lui, en redemande: "Qu’est-ce que je peux faire ?", questionne-t-il. "Ce qui m’amuse c’est que le street-art n’est pas du tout un truc de leur génération. Ce sont sûrement des personnes qui, à 30 ans, trouvaient que le graffiti, c’était sale, chiant et aujourd’hui, je les fais utiliser les bombes de peinture. C’est comme un pied de nez", s’enthousiasme Guillaume Vincent. "Un joli garçon", glisse une tête blanche. Qui ajoute: "Ceux qui pensent que le street-art c’est moche sont des vieux cons!"

Source : Nice Matin

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